Old friend, see you again

31 Mai

La veille de mon départ, nous sommes allées voir les étoiles.

Taylor n’avait pas envie de dormir alors elle nous a embarquée pour une balade nocturne. Alice, elle et moi avons marché en silence dans la rue. La nuit était douce et j’avais l’impression d’être l’héroïne d’une sitcom à l’eau de rose. On s’est assises, le nez dans la pénombre et les mains dans l’herbe. On a parlé de tout et de rien, mais surtout pas du lendemain.

Hanna m’a réveillée au matin pour me dire au revoir et j’ai chouiné comme un bébé. Elle est partie, puis Linda, puis Ethan, puis Chris. Cameron et Taylor sont restés. Je me suis changée, j’ai mis mon pyjama dans ma valise et je l’ai fermée, cette fois ci pour de bon.

A l’aéroport on a pris un petit déjeuner. J’ai mangé un bagel avec du cream cheese : exactement le même repas que j’avais pris à mon arrivée aux Etats-Unis. J’ai dit au revoir à Taylor et elle m’a paru toute petite dans mes bras. Puis j’ai dit au revoir à Cameron et c’est moi qui me suis sentie minuscule.

Alice partait en Californie et je retournais en France. Je me suis retrouvée seule dans le bruit et l’agitation de l’aéroport. Avant d’embarquer j’ai mangé un gros hamburger avec du Dr Pepper, parce que j’avais envie de nourriture dégueulasse  et de cliché à l’américaine.

Au moment de faire mon changement à Atlanta j’ai croisé des français qui m’ont parlé en anglais et je leur ai répondu de même, par réflexe. C’était un peu con et ça m’a fait rire.

Huit heures de vol plus tard, j’étais en France.

J’ai revu Maman et Papa.  Pimii, Justine et Nickie sont  aussi venus m’accueillir à l’aéroport et ça m’a fait foutrement plaisir. J’ai pensé à Paris, à la rentrée, à l’école de journalisme, aux copains, et j’ai eu brusquement hâte.

On a pris la voiture pour retourner à Reims. Dans les rues il y avait plein de publicités, toutes en français. La maison de mon père n’avait pas vraiment changé, ma chambre d’ado non plus. Je me suis assise sur mon lit et j’avais beaucoup de mal à réaliser que c’était fini . Les Etats-Unis, la préparation au concours de l’EDJ, l’anglais tous les jours, les milshakes à la vanille, le campus vert de UNC, les petits avions qui m’emmenaient en vacances, et tout le reste.

Une fois ma valise déballée, ma chambre était de nouveau remplie : pleine de ma troisième année et de ses souvenirs.

C’est fini.

Be sure to wear some flowers in your hair

25 Mai

En survolant la Californie j’ai regardé par le hublot de l’avion et j’y ai vu un drôle de paysage. Du sable et de la roche, des lignes droites et des vagues, beaucoup de marron et, par endroit, un peu de blanc. Je me suis alors souvenue des avertissements de mes amis américains :

« California is like nothing you have seen. »

Los Angeles est une ville laide et souffrant d’un sérieux cas de schizophrénie. D’un côté les étoiles du Walk Of Fame, de l’autres les sans-abris fouillant les poubelles de Hollywood. Dans les grandes rues de Beverly Hills, les seules personnes  se déplaçant à pieds étaient les employés de maison. Rarement blancs.

J’avais pas mal de réticences mais je me suis tout de même bien amusée à Los  Angeles. J’ai rêvé dans les studios de Warner Bros et j’ai plané un peu plus que de raisons sur la côte de Venice Beach (où nous avons littéralement traversé un nuage de marijuana pendant dix bonnes minutes). Ça m’a fait plaisir de revoir la mer.

San Francisco nous a accueilli à coup de bourrasques glacées. Même transie de froid, je suis tombée amoureuse. Il y a comme un douceur qui imprègne cette ville, jusque dans les couleurs pastels de ses maisons rangées en rang d’oignons. San Francisco a aussi de très grands building mais reste à taille humaine. Le ciel est bleu et couvert de câbles pour bus électriques. Les rues sentent la mer et résonnent des pas désordonnés des touristes peu habitués à leur dénivelé d’enfer.

 San Francisco est une ville de riches, assurément, et de touristes, évidemment, mais avec beaucoup de caractère et de grandes idées. La mythique Silicon Valley n’est pas loin.

Après 10 jours parfaits, j’ai dit au revoir à mon amie Pauline. J’ai ajouté : « on se revoit vite, hein ! », et c’était un peu étrange.

Mercredi prochain je serai à Paris.

All the small things

10 Mai

J’ai à la fois beaucoup et peu à vous raconter.

Samedi dernier j’ai déménagé du campus. Je n’avais pas réalisé à quel point j’avais rempli ma petite chambre de dortoir au fil des mois, et le bouclage des valises s’est révélé plus ardu que prévu. La veille du départ je me suis sentie vaguement minuscule dans cette pièce soudainement si blanche et vide. Il m’a fallu un peu de temps pour réaliser que j’étais à présent en vacances.

Bye bye UNC!

Plus tard dans la journée, Chris nous a emmené au magasin de comics du coin afin de célébrer le « free comic book day ». J’ai été surprise par la foule fournie et diverse présente à cet évènement pourtant résolument geek. J’ai croisé des petites filles, des personnes agées, des mamans avec poussettes comme des adolescents et des adultes en costumes. J’ai choppé les issues gratuites proposées pour l’occasion ainsi que la fin de Kick-Ass 2 (payante, celle ci) et j ai bavé sur toutes ces autres séries que j’aimerais commencer sans que cela ne soit possible, faute de temps et d’argent.

La veille j’avais enfin vu The Avengers, film qui m’a étonnamment emballé. Le truc rigolo est que je me suis attachée au personnage de Captain America, que j’étais pourtant prête à détester de tout mon coeur (instrument de propagande patriotique oblige). Une semaine plus tard je me retrouve en la possession d’une peluche à son effigie. Non, rien de rien, je ne regrette rien ?

Les comic book stores à l’américaine vont me manquer.

Fanart par Ginger Haze (parce que Loki est le plus cool de tous les esprits maléfiques)

Dimanche la France a élu François Hollande comme nouveau président de la République. J’ai appris la nouvelle devant mon ordinateur, seule à gueuler en français devant mes amis étrangers hilares. Ces derniers m’ont félicité comme si j’avais réussi un concours. Lorsque ma maman m’a appelé pour m’annoncer la nouvelle, elle était heureuse et ça m’a un peu ému.

Politique, toujours, mais derrières d’autres frontières. J’ai écrit un nouvel article sur Rue 89 à propos de la visite d’Obama à UNC qui est resté en une du site pour quelques jours (ce genre de connerie me fait toujours autant plaisir).

Le président américain, justement, a beaucoup fait parler de lui hier  en se déclarant partisan de la légalisation du mariage homosexuel. Ça a un peu consolé mon amie Hanna qui est toujours très en colère contre la Caroline du Nord qui a voté Mardi pour l’interdiction constitutionnelle de toute union légale entre personnes de même sexe. C’est le dernier état du sud des Etats-Unis à se munir d’une telle disposition juridique, rendant très difficile voire quasi-impossible la légalisation du mariage homosexuel dans le futur (et en privant au passage les couples hétérosexuels non mariés de leurs droits).

De nouveau : Amérique, terre de tous les contrastes.

Certains de mes amis sont déjà rentrés en France, mais je fais un peu durer le plaisir. Dimanche, je m’envole pour la Californie avec ma Pauline. Impatience est le maître-mot.

The neighbor

3 Mai

Diana was about to pull the trigger when Death came in.

At first she only saw him out of the corner of her eye: his shaven head and big glasses glowing under the lazy moonlight. Diana didn’t mind it that much. It wasn’t exactly the kind of thing she cared about while she was about to shoot herself in the head.

“Who are you?” Diana asked

The young man shrugged his shoulders. She looked away.

“What are you doing here?” Diana asked again.

She heard him come closer but only by one or two steps. She was still holding the gun against her temple, ready for anything.

“I’m your neighbor,” he said.

“I never saw you around here.”

“I guess you didn’t look hard enough then.”

This time Diana turned her head to get a good look at the young man in her apartment. He looked suspicious enough for her to step back.

“I swear to God if you’re trying to stop me – “

“I’m not getting any closer,” the neighbor said, and his voice suddenly went so deep that Diana stopped moving.

Everything went silent for a moment. Diana faced the young man, gun up in the air and her arm shaking. Outside she could hear the faint noise of the other residents of the apartment complex: laughing, talking, or maybe cooking? Living. Diana bit her lip.

“I thought about this you know.”

“Obviously.”

“I’m going to do it,” she added

“That’s fine,” he said – but then Diana shook her head.

“Why are you here anyway?”

The neighbor did not answer. He sat down at the kitchen table and stared at some jam jars that Diana had left there earlier in the afternoon. She blinked, her head suddenly feeling heavy and hot. Her finger was trembling against the trigger, just a tiny bit.

“Whatever,” Once again, Diana prepared to pull the trigger.  “I’ll do it anyway.”

But just then, she realized she wouldn’t.

“I mean…”

Diana didn’t finish her sentence. She could feel the cool air surrounding her bare legs and the cold sweat dripping over her neck.

She realized she was still alive and she felt like dying because of it.

“Did you change your mind?”

The neighbor looked at Diana and this time Diana looked back at him. The weapon was very heavy and cold in her hand.

“I’ll take care of this,” he said.

He got closer to her, though only to pick up the weapon from her hand.

“I don’t want you in my apartment,” she said.

“I know.”

“Go away.”

“I will.”

He put the gun in his backpack and zipped it. After her neighbor left Diana felt like crying, but did not.

___

Diana didn’t think that the young man would ever come back and he didn’t for days, until she tried to kill herself again. This time she decided to hang herself.  She made up her mind after reading in a magazine that according to statistics women usually killed themselves by overdosing on pills or by gassing themselves. It was neater, less scary too. Diana didn’t want to be part of a statistic. People forgot about numbers very quickly. She was tired of being forgotten.

In order to prepare for the night Diana left her apartment for the first time in weeks. In Wal-Mart everything was shiny and new. She spent five dollars on a long rope, and then bought several cartons of strawberries and some lemons too.

But when she was finally ready to jump from the chair, her neighbor came once again. The rope was tight against Diana’s neck but she still managed to swear quite loudly.

“What the hell are you doing here?”

He raised an eyebrow.

“I’m just passing by.”

Diana tried to raise her shoulders but was scared of falling of the chair. Small lights danced in front of her eyes.

“I mean, how did you get there just before …”

The small lights evolved into long snakes that crawled in front of Diana’s eyes. She closed them for a bit; it was somewhat pretty. Her feet were heavy against the small chair, but only one step, one little step could solve it all. The rope was too tight around her neck.

“I could explain if you came down, you know,” her neighbor said.

Diana couldn’t see anymore.

“Tell me what?”

“Why I’m here.”

Diana looked down and blinked several times. Her neighbor was so tall that he didn’t need to raise his head that much to meet her gaze. He smiled at her.

It was over. For today, at least. Diana’s stomach tightened and a she felt a strong wave of nausea coming from the bottom of her throat. She put her fingers under the rope. After she freed her neck she sat on the chair.  The rope was still hanging from the ceiling, just above her head.

The neighbor sat on the floor next to Diana. She felt annoyed that he could see her eyes while his thick glasses were hiding his.

“Okay. Tell me now.”

“You don’t have any guesses?”

“Tell me or I go back on this freaking chair.”

He rolled his eyes.

“Fine,” he said, “I’m Death.”

Diana frowned and briefly wondered if she was still brave enough to get up on the chair again. Her neighbor didn’t seem to notice her irritation.

“Is that all you had to say?”

“I’m telling the truth.”

“Come one, I’m not that dumb.”

“I know.”

Diana and her neighbor stared at one another. She opened her mouth, closed it, and then opened it again, but then said nothing. There was a long silence.

“How do you do it?” he finally said.

Diana lifted her head. He was pointing at the jam jars on the kitchen table.

She frowned, “What do you mean?”

“The jam. How do you do it?”

“Why would you care?”

“There’s jam everywhere in your apartment. I just thought it was weird.”

Diana thought about Christmas. She remembered the last time she went over the old house – the one they had lived in before daddy died – over winter break. Her mother had decided to teach her daughter to cook and the only thing Diana had managed to learn was strawberry jam. Every woman in Diana’s family knew how to make amazing jam. Hers wasn’t as good as her mother’s or her grandmother’s, but it wasn’t so bad either. It tasted like strawberries and good old times. Definitely bittersweet. Diana wasn’t really sure what her mother was doing with her life nowadays. From time to time she would receive an email from her with some pictures of her new husband and their newborn baby attached.

“My mom taught me,” Diana said and then paused for a moment, “When I feel sad, I make jam. That’s all.”

Her neighbor nodded, “I see.”

Diana took a deep breath, “But really, do you expect me to believe you’re Death?”

“Maybe.”

Diana shrugged her shoulders.

“Are you going to come back next time I try to kill myself then?” she said.

“Is there going to be a next time?”

She did not answer.

____

The third time Death walked in Diana’s apartment, she was early and he was late. He found her half asleep in her bathtub, where she greeted him a lazy smile. The water was pink but the knife on the floor was definitely red. Diana tried to wave at her neighbor but she couldn’t.

“Hey,” she said

“How long have you been here?”

“Dunno.”

The neighbor gave Diana an annoyed gaze. She moved her head to her right, put her chin against the white surface and took a deep breath.  He bent down.  Diana realized he could see her naked and that she didn’t really mind. She smiled again.

“You do care about me, don’t you?”

“It’s my job. “

“Are you going to let me die then?”

Diana lost her smile immediately when she saw her neighbor’s serious expression.

“It depends,” he said, “Do you really want to die, Diana?”

It was the first time he used her name and it made her feel even worse than ever. Diana tried to rise from her bath. She only managed to groan weakly.

“O-of course I want to die,” she said, “I tried to kill myself several times already.”

“And yet you never actually succeeded.”

“Only because you show up every time to creep me out!”

Diana realized she was crying.

“I wasn’t here to stop you today,” her neighbor said.

“But you’re here now.”

He let out a sigh.

“I can leave the room until you die if you want me to.”

“Don’t!”

Diana’s neighbor stood up.

“I’ll call 911 then.”

“Wait!”

It was getting hard for Diana to talk, but she made an effort anyway. He looked at her and she tried to smile at him again.

“Will you be here next time too?”

He walked out of the bathroom without answering. Diana held her breath and slipped into the water.

____

He didn’t come to visit Diana at the hospital. She waited two days and then decided to find his number through the University directory, because she wanted to see him. The next day Diana woke to find Death standing next to her bed.

She looked up at him. For once he wasn’t wearing his glasses. His eyes were brown and tired and Diana liked them a lot.

“I guess I should thank you,” she said, “For last time.”

“Don’t worry about it.”

“Well, I mean, you did a pretty good job at saving my life,” she paused and then smiled, “Especially for someone who pretends to be Death in person.”

He looked away for a moment, then bent over Diana’s bed. She didn’t expect her neighbor to hug her but he did it anyway. She let him put his arm on her back and pull her against his chest. The grip was strong enough to take Diana’s breath away for a moment. She was surprised to be able to hear his heart beating so loudly. Very fast. The shiver that went through Diana’s entire body was very different from the ones she would have before or after trying to kill herself. She didn’t want this one to stop. Ever.

Diana closed her eyes.

“I didn’t think I would be your type of girl.”

He laughed.

“I’m not doing this to seduce you.”

“You’re very tall.” Diana added

“I know.”

“You smell good.”

“I know that too.”

“You’re annoying.”

“Most definitely.”

When he stepped back he didn’t look at her. Diana was blushing.

“I don’t want to kill myself anymore.”

“I assumed so.”

“So you can drop the act now.”

He blinked.

“I mean, I’m not sure how you always show up every time I try to kill myself,” Diana said again, “But I guess that means you somewhat like me, right?”

“I wasn’t lying.”

“Sure, whatever,” Diana laughed, “I don’t care if you don’t want to tell me your name. Just keep doing what you’ve been doing. I like it when you come see me.”

She paused. “You’re the only one who does that.”

Diana’s neighbor stood up. She lifted her head and looked at him.

“I guess I should go now,” he said, “Try to rest a bit.”

Diana nodded. “You’ll visit me again when I’m out of the hospital, right?”

She smiled. His eyes finally met hers.

“I hope not.”

Death left the room.

It’s a song about ping pong

30 Avr

C’est déjà la fin de l’année scolaire à UNC, avec les réjouissances que cela implique : examens et autres papers occupent mes nuits et mes jours comme des amants bien trop collants. Pas vraiment le temps d’écrire un article correct, donc, mais le besoin de procrastiner est bien trop fort pour que je résiste à la tentation.

Aujourd’hui on va causer musique.

(Je vous offre ce zèbre qui danse en guise de transition)

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Four more years

26 Avr

 « Have you seen what’s going on on Twitter? Apparently He’s coming to UNC! »

Mes camarades ne parlaient pas de Dieu, mais presque. La semaine dernière la rumeur était déjà sur toutes les lèvres: Barack Obama préparait une visite surprise sur le campus. Mardi 24 Avril le président des Etats-Unis s’est rendu à Chapel Hill afin de présenter aux étudiants de UNC sa politique en termes de réduction des coûts de scolarité dans l’éducation supérieure.  Dimanche des milliers de personnes faisaient la queue sous la pluie pour obtenir leur ticket pour assister au discours.  Un peu plus paresseuse et aussi pas mal chanceuse, je n’ai eu à patienter que 5 minutes sous un soleil radieux le lendemain matin avant d’obtenir mon précieux sésame.

Cours excusés et une queue vite passée: il me restait encore à affronter les mesures de sécurité dignes d’un aéroport international pour pouvoir assister au fameux discours. Interdiction d’amener des armes de destruction massive dans le bâtiment, du genre pommes ou bouteilles d’eau. Il y avait des employés des services secrets partout sur le campus, jusque sur les toits où certains de mes camarades ont repéré des agents armés de snipers. Grosse ambiance, donc.

Chose assez marrante: j’ai vécu la demi-heure la plus intensément américaine de mon existence juste avant le discours. « Pledge » (salut au drapeau) très solennel, défilé militaire et hymne national étaient au menu. Croyez moi qu’il est particulièrement flippant de voir 8000 personnes réciter le même texte patriotique et d’être la seule intruse à ne pas mettre la main sur son coeur comme tous les autres.

Après ces festivités la foule était fin prête à accueillir le président. Sans rentrer dans le jeu des opinions politiques, je pense que l’on peut reconnaître à Barack Obama un sacré talent d’orateur. Pendant une demi-heure il a échangé avec les étudiants sur-excités avec une aisance hallucinante et un sourire que j’apercevais depuis mon estrade. Du coup, je me suis vite prise au jeu.

Au moment même où  les gens gueulent et se désespèrent au nom de l’avenir de mon pays, ça m’a fait du bien de prendre un bon bain d’enthousiasme politique.

Barack Obama a également enregistré sur le campus une émission de TV, Late Night With Jimmy Fallon, mais cet évènement n’était ouvert qu’aux étudiants en dernière année.

(Sinon, pour les curieux qui ont un peu de temps à perdre, l’intégralité du discours peut être visionnée par ici)

I turned up the radio but I can’t hear it

19 Avr

Encore une vidéo prise en cours de Voice and Diction … promis cette fois ci c’est la dernière de l’année. Après, je ne vous embête plus.

Avant toute chose néanmoins : je réalise que je n’ai jamais trop expliqué en quoi consistait ce fameux cours, alors qu’il s’agit d’un de mes enseignements favoris à UNC.  En Voice & Diction les élèves apprennent à modeler leur propre voix afin de se préparer à travailler à la TV ou à la radio. Il s’agit de parler d’une façon professionnelle, tout en faisant semblant d’être tout à fait naturel. Pas si facile que ça en a l’air. Ce cours tenu par David Cupp est spécifique à UNC et est connu par delà la Caroline du Nord pour sa qualité. J’étais donc pas mal impatiente de m’y frotter.

Les premières semaines ont été assez déroutantes : en guise d’entraînement je devais mémoriser des schémas tout droits sortis de bouquins d’étudiants en médecine. Vous serez par exemple ravis d’apprendre que je suis à présent incollable sur la nature et la position de mon diaphragme.

Après cette première partie très théorique sont venus les exercices pratiques : travail sur la respiration, la posture et la mécanique relative à l’articulation (là encore je connais à présent l’intérieur de ma bouche comme ma poche). L’objectif est de rendre sa voix riche et puissante, d’éviter le « glottal fry » (quand la voix devient rauque à la fin d’une phrase faute d’une prise d’air suffisante) et d’avoir une énonciation claire. Le travail à effectuer était franchement pas évident, surtout dans mon cas de pauvre petite française maltraitant allègrement – et bien malgré moi – la langue anglaise. Du coup j’étais très souvent découragée et à vrai dire un peu sceptique quant à l’efficacité de la méthode de mon professeur.

L’autre jour ce dernier m’a envoyé une vidéo comparative afin de m’aider à juger de mes progrès au fil du semestre. Pour les curieux :

De 0:00 à 0:39 vous pouvez voir mon premier enregistrement, qui date du tout début du semestre. Ensuite c’est mon dernier enregistrement, qui date d’il y a une semaine.

Everything went better than expected.

Santa Claus and Satan’s Cause

19 Avr

Ce matin j’ai posté un nouvel article sur mon blog Rue 89. Il s’est un peu fait attendre mais jusqu’ici les lecteurs semblent l’apprécier – ou tout du moins ça les fait causer- donc je suis contente.  En espérant qu’il vous plaira aussi !

Par ailleurs pour ceux que ça intéressent, la Taylor de l’article est également l’une de mes meilleures amies aux Etats-Unis. Il n’y a vraiment pas de mots pour décrire combien cette nana est adorable. Les quitter – Taylor et les autres – fait partie de mes plus grandes appréhensions vis à vis de  mon départ de Chapel Hill.

(du coup j’ai un peu de mal à la lâcher)

Cheesy

16 Avr

 

Je suis admise à l’école de journalisme de Sciences Po.

Il y a un mot en anglais que je trouve assez rigolo : « cheesy ». On pourrait le traduire en (très) gros par un peu kitsch, trop sirupeux, du genre tire-larmes. Si je vous dis ça, c’est que je vais malheureusement donner dans le dégoulinant pour cet article. Le fait est qu’à la simple rédaction de sa première phrase, je souris comme une bêtasse. Allez, on répète pour mieux y croire :

Je suis admise à l’école de journalisme de Sciences Po.

J’ai appris la nouvelle complètement au hasard, car personne ne s’attendait vraiment à ce que les résultats soient publiés un dimanche soir. Pourtant ils m’attendaient : 18 sélectionnés et mon nom dans la liste. J’ai crié devant mon ordinateur et ma roomate m’a jeté un regard de travers. C’est assez difficile de décrire ce sentiment de joie, de soulagement, de fatigue et d’excitation mêlés. Du bonheur, du bonheur partagé avec les parents tout de suite contactés au téléphone, puis par mail, par Facebook, par Twitter. Je remercie encore une fois toutes les personnes qui m’ont félicitées hier, ça m’a fait foutrement plaisir.

Retour en arrière, une bonne poignée d’années avant tout ça, avant UNC, avant Sciences Po, avant le lycée même. J’ai 14 ans et je décide que je veux être journaliste. Mes parents pensent que c’est une bonne idée, et me donnent tout de suite un objectif : Sciences Po. La voie royale, à ce qu’il paraît. Je ne réalise sans doute pas trop à l’époque, je suis juste contente que l’on me prenne au sérieux. Depuis le début de ma scolarité j’ai eu beaucoup de chance et c’est clairement grâce à ma maman et à mon papa : parce qu’ils m’ont toujours poussé à fond, jusqu’au bout, prêts à me consoler en cas d’échec et à déboucher le champagne en cas de succès.

Je suis une fille chanceuse car bien entourée. Je ne vais pas trop m’aventurer à citer des noms, de peur d’en oublier : les personnes se reconnaîtront. Merci aux amis qui m’ont aidé à me préparer, qui ont su me supporter dans mes (trop nombreux) moments de panique, à ceux qui ont su me mettre des claques en me disant : bordel, fonce et montre leur de quoi t’es capable. Je vous promets que maintenant je vais tâcher de me laisser pousser les ongles. Jusqu’en Septembre, tout du moins.

To my english speaking friends, thank you so freaking much for your support. We don’t know each others that much yet, and I’m not even sure I was able to explain what the hell was going on with my life and why I was so anxious lately. Still, you stayed with me and you gave me a lot of love. Alice, Taylor and Cameron, you clearly deserve an award for dealing with me on the last week before my interview.

Enfin, pas d’article à propos de l’EDJ sans mentionner ma très chère Clémence. 18 sélectionnés et si il y avait bien un nom que je m’attendais à trouver sur la liste, c’était le sien. La vie est parfois mal faites, et j’intègre malheureusement l’école sans elle. Je me sens comme Laurel sans son (très blonde et très mignonne) Hardy. Triste et déçue pour elle. Néanmoins, je fais confiance à Clémencinette (on est vraiment douées pour se donner des sobriquets ridicules) pour atteindre ses objectifs au final, parce que c’est une meuf comme ça. En Or.

Et voilà. Cheesy, donc. Hier soir j’ai déboursé une petite fortune pour m’acheter du bon vin français, du fromage et une baguette de pain. On a joué à Rock Band et regardé un film japonais, et c’était sympa comme tout. Une célébration qui me ressemble, je suppose.

J’ai hâte d’être à l’année prochaine.

Strawberry Jam

12 Avr

Edit du 03/05 : Vous pouvez lire la version finale de la nouvelle ici.

Les examens approchant à grands pas, je suis actuellement en pleine période de rendu de mes projets de fin de semestre. Je vous poste ici ma « final story » qui conclue ma participation à mon cours d’introduction à l’écriture créative. La longueur de l’histoire était plus ou moins libre (entre 6 et 10 pages) et le thème simple : « Neighbor ».

Histoire d’accompagner votre lecture avec un peu de musique :

Strawberry Jam


Diana was about to pull the trigger when her neighbor came in. At first she only saw him out of the corner of her eye: his shaven head and big glasses glowing under the lazy moonlight. The guy from the apartment n°124 came in through her unlocked door and Diana didn’t mind it that much. It wasn’t exactly the kind of thing she cared about while she was ready to shoot herself in the head.

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